dimanche 2 novembre 2008

photo réalisée à la jumelle sur l'objectif et les moustiques sur les jambes...
Tilghman island, Delmarva.

Alors oui ! Vous me direz "il est temps" !... Mais il y a des aventures, qui, si elles ne se préparent que peu - l'aventure c'est l'aventure ! - demandent du temps pour être partagées, parce qu'il faut bien les digérer avant de les livrer.
Quand l'aventure rime avec drôle d'allure, elle prend le visage d'un conte pour enfants...


*


Avril 2004, depuis des lustres je cherche à retrouver Ruth, une amie anglaise de nos dix-sept ans, qui suivra sa famille expatriée aux States et dont j'ai perdu toute trace. Mes appels téléphoniques et courriers à l'administration de Saltburn by Sea, au lycée de Redcar, Yorkshire, étant restés vains, j'ai plongé dans l'océan du web...

Un mois plus tard, j'appellerai Ruth en Virginie. Nous échangerons des milliers de mots, dizaines de photos et, folie, crazy girl, que ne fît pas Ruth en nous invitant à Richmond ? En Juin notre décision était prise : Patrice et moi serons frenchies chez les guyes en août ou nous ne seront pas...


L'avion décolle à midi de l'aéroport de Genève où notre fils nous conduit le 5 aôut à 9h dans les bras d'un soleil qui dissimulait à peine nos émotions. Patrice et sa trouille de l'avion, moi et ce bonheur timide de retrouver l'amitié d'une jeunesse à peine perdue, Ruth et sa famille, Ruth et ses parents, Ruth et ses enfants...


Ruth, ce fût deux mois merveilleux à l'âge de nos seize ans. Un mois en Angleterre dans une famille chaleureuse et accueillante, au bord de la mer du Nord, un mois en France où elle préfèrera rêver à mes cousins plutôt que parler français. Quatre années à suivre au long d'un abondant courrier qui s'appliquait à souder l'affection des jeunes filles que nous étions.
Lorsque son père accepta de partir pour les States, je fus profondément attristée de savoir que nos chemins s'éloigneraient autant. On continuait à échanger dès son arrivée en Caroline, puis d'hôtels en logements éphémères, d'études en études, de vie en vie... et nos adresses s'égareraient...


5 août 2004, 14 h, heure locale : descente de l'avion...

New York.

Ah NYC !





.../...

mercredi 22 octobre 2008

Roman de voyage - Etats-Unis 5 > 29 août 2004






I'll explain more later







(more later in the story... )




Ce jour là, rien ! Je sais, tu ne me diras rien. Les oiseaux chanteront au dessus de nos têtes comme avant, une aubade claire sur des monts vert luisant... Le ciel sera rose comme nous l'aimons à l'heure du thé sec des grands jardins de Djardjeeling, je fredonnerai peut-être, tu me feras rire toujours. Je serai vieille, tu seras beau, tu seras jeune et je serais laide mais s'élèvera encore la voix de cette source véronaise qui gicle du fond de tes yeux, lumière vive. J'apprendrai la peinture à Sacha et Roch, le regard à Clauda ou Germain. Ce jour là je tomberai encore dans tes bras. Comme à Tighlman's island, les aigles.


 
Hier, c'était il y a vingt ans. Aujourd'hui c'est encore deux bouches qui se racontent, du bout des fleurs tenues entre deux lèvres et machée comme si la chlorophylle était encore témoin de notre vie. Aujourd'hui c'est l'amour, encore, toujours et déjà ! Aujourd'hui c'est demain et nous sommes hier...

Il était grand lumière ce soir là dans ce bar, musique et bud, musique et brouillard... Il faisait lumière pleine et je ne te voyais pas. Il faisait faim aussi... Nulle part nous n'avions trouvé à croquer le moindre petit bout de pain. Nous nous étions assis là, sur les bancs immenses des tables de fermes alignées comme à la buvette du chapiteau de la fête foraine, mais il n'y avait pas de fête foraine, pas d'assiettes non plus... Nous étions là, deux enfants égarés dans l'immensité du rêve, dans la splendeur du rêve, dans l'éblouissement de notre éblouissement, livrés au rythme des volutes infernales qui voilaient les pépites bleues de nos regards crépitants...Je t'aime au futur du présent. Plus que parfaitement, quand j'avais le coeur plein d'ivresses, avant ma désintoxe affective, avant que je lave les pages pour mieux les tourner, avant, quand ils étaient encore là tous les trois...et les oiseaux de Cheasepeake Bay... Nous sommes à l'imparfait d'hier et je t'aime au futur du présent !

à suivre...


more photos, of course !